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Enseignement · 6 min de lecture

Bâtir la confiance des parents en 4 semaines

Ce que la recherche dit de la confiance entre familles et enseignants, et un plan de quatre semaines pour un tuteur ou un centre de tutorat.

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Nelly Kallini ·
Une boussole sur fond violet : une famille et un tuteur qui prennent la même direction dès le premier mois

Le premier mois d’une famille avec un tuteur, c’est surtout du silence, de son côté à elle. Elle a payé, elle a conduit l’enfant jusqu’au centre, elle a attendu dans l’auto ou dans le corridor. Ce qu’elle sait des séances, c’est ce que l’enfant raconte au retour, et souvent ça se résume à « correct ». C’est dans ce silence-là que la confiance se gagne ou se perd, bien avant le prochain bulletin.

La confiance des parents, ce n’est pas une question de personnalité ni de beau sourire à l’accueil. C’est une courte liste de choses que la famille peut vérifier elle-même, semaine après semaine. Et c’est pendant le premier mois qu’elle vérifie le plus.

Sur quoi les parents vous jugent, selon la recherche

La plupart des études sur la confiance entre familles et éducateurs viennent du milieu scolaire, mais ce qu’elles décrivent s’applique presque tel quel à un centre de tutorat.

Dans une étude, Adams et Christenson ont sondé 1 234 parents et 209 enseignants sur la confiance qu’ils s’accordent (résumé de l’étude, SEDL). Les parents d’élèves du primaire faisaient davantage confiance aux enseignants que les parents d’élèves du secondaire, et les parents dont la confiance était faible ou moyenne s’impliquaient moins dans le parcours scolaire de leur enfant. Quand on leur a demandé comment bâtir plus de confiance, familles et enseignants étaient en désaccord sur presque tout, sauf sur un point : la communication.

La recherche menée dans les écoles de Chicago va plus loin et nomme ce que les gens pèsent vraiment. Dans son article paru dans Educational Leadership, Barbara Schneider explique que notre jugement sur la confiance tourne autour de quatre choses : le respect, l’attention portée à la personne, la compétence dans son rôle et l’intégrité. Et ça se voit dans les résultats. Une école où la confiance était faible n’avait qu’une chance sur sept de progresser sur le plan scolaire, alors que la moitié des écoles où elle était forte figuraient parmi celles qui ont progressé.

Pour un tuteur, ces quatre mots deviennent très concrets. Le respect, c’est écouter avant de décider. L’intégrité, c’est faire ce qu’on a dit. La compétence, c’est voir de quoi l’enfant a besoin et le dire. L’attention à la personne, c’est se soucier de l’enfant au-delà de l’heure payée.

De courts messages changent plus de choses qu’on pense

Deux expériences menées sur le terrain par Matthew Kraft montrent qu’il en faut peu. Dans un programme d’été, un appel quotidien à la maison et un message écrit ont augmenté de 42 % les chances qu’un élève fasse ses devoirs, et réduit de 25 % les fois où l’enseignant devait ramener son attention sur la tâche (Kraft et Dougherty).

Dans la deuxième, les enseignants envoyaient chaque semaine aux parents un message d’une seule phrase. La proportion d’élèves qui n’obtenaient pas les crédits du cours est passée de 15,8 % à 9,3 %, une baisse de 41 % (Kraft et Rogers). Le détail qui compte le plus pour un tuteur : les messages qui disaient à l’élève quoi améliorer ont eu plus d’effet que ceux qui disaient ce qu’il faisait bien.

Les deux études se sont déroulées à l’école, avec des élèves qui n’avaient pas le choix d’être là. Une famille qui a choisi le tutorat et qui le paie, ce n’est pas le même public : prenez la taille des effets comme un indice, pas comme une promesse. Ce qui compte, c’est la tendance : des messages courts, réguliers et précis changent ce qui se passe à la maison.

Quatre semaines, une promesse chacune : écouter avant d’enseigner, annoncer puis tenir parole, donner une chose à travailler, faire le point franchement
Chaque semaine tient une promesse que la famille peut vérifier elle-même.

Semaine 1 : écouter avant d’enseigner

La première conversation n’est ni un appel de vente ni un test de classement. Posez trois questions et notez les réponses là où tous les tuteurs du dossier peuvent les lire :

  1. Qu’est-ce qui accroche en ce moment ? Dans les mots du parent, pas dans les vôtres. « Elle bloque devant les problèmes écrits » en dit plus que « maths de 1re secondaire ».
  2. Qu’est-ce que dit l’école ? Le dernier bulletin, un commentaire de l’enseignant, un examen qui s’en vient.
  3. Comment voulez-vous avoir de nos nouvelles ? Par courriel, par texto, après chaque séance ou une fois par semaine. Certains parents veulent tous les détails, d’autres veulent seulement savoir quand quelque chose cloche, et les deux sont corrects.

La troisième question est celle qu’on oublie le plus souvent, et c’est elle qui montre du respect. La famille qui a demandé un résumé par semaine et qui le reçoit tous les vendredis comprend qu’on l’a écoutée.

Semaine 2 : annoncer, puis tenir parole

Dans un centre de tutorat, l’intégrité, c’est surtout de la logistique. Avant la deuxième séance, la famille devrait connaître l’horaire, le nom du tuteur, comment annuler et dans quel délai, et quand elle aura de vos nouvelles.

Ensuite, tenez chacune de ces promesses. Si le mot était promis pour vendredi, il part vendredi. Si le tuteur change, la famille l’apprend de vous avant de l’apprendre de son enfant. C’est en voyant les petites promesses tenues qu’une famille apprend que les grandes le seront aussi.

Semaine 3 : donner une chose à travailler

Après la troisième ou la quatrième séance, la famille devrait recevoir un mot court qui nomme une chose précise. Pas « super séance aujourd’hui », mais plutôt : « On a travaillé la mise en équation des problèmes écrits. Demandez-lui de vous dire ce que la question demande avant qu’elle se lance dans les calculs. »

C’est là que la compétence se voit. Le parent comprend que vous avez remarqué quelque chose de propre à son enfant, et il repart avec une question utile à poser à la maison, exactement ce que faisaient, dans l’étude de Kraft et Rogers, les messages qui disaient quoi améliorer. Une seule chose. Une liste de six, ça ressemble à un bulletin, et personne n’agit sur six points à la fois.

Semaine 4 : faire le point, franchement

À la fin du mois, envoyez un court bilan ou prenez dix minutes au téléphone. Ce qui a bougé. Ce qui ne bouge pas encore, dit simplement. Ce sur quoi le mois suivant va porter.

C’est la franchise qui montre que vous tenez à l’enfant. Le parent qui entend « les fractions, c’est réglé, les problèmes écrits vont prendre plus de temps, et voici pourquoi » croira davantage la prochaine bonne nouvelle que celui à qui on répète que tout va bien. C’est aussi le bon moment pour revenir sur la réponse de la première semaine : est-ce encore comme ça qu’il veut avoir de vos nouvelles ?

Quand la confiance est déjà fragile

Certaines familles arrivent méfiantes. Un ancien tuteur qui ne disait jamais ce qu’il faisait, un enfant qui allait « correct » depuis un an pendant que ses notes baissaient. Les mêmes quatre semaines s’appliquent, avec deux ajustements : envoyez le premier mot plus tôt, dès la première séance, et rendez-le concret. Un parent méfiant n’a pas besoin d’être rassuré. Il a besoin de preuves, et une observation précise sur son enfant en est une.

En résumé

Une famille décide de faire confiance à un tuteur à partir de quatre choses qu’elle peut vérifier : l’a-t-on écoutée, a-t-on fait ce qu’on avait dit, voit-on clairement son enfant, et s’en soucie-t-on au-delà de l’heure ? C’est pendant le premier mois qu’elle vérifie, et c’est avec des messages courts, réguliers et précis que vous lui montrez.

Alors, lundi : pour chaque nouvelle famille ce mois-ci, notez comment elle veut avoir de vos nouvelles. Inscrivez le prochain mot promis à votre agenda. Après la prochaine séance, envoyez une phrase qui nomme une chose à travailler.

Un portail ne bâtit pas la confiance tout seul, mais il tient les promesses de logistique à votre place. Dans le portail parents de Pillar OS, les séances de chaque enfant peuvent aller directement dans le calendrier du téléphone du parent, les familles réservent, déplacent ou annulent selon vos règles et, là où vous le permettez, écrivent au tuteur dans Messages plutôt que de passer par le bureau. Quand un tuteur doit s’absenter et que vous confiez la séance à quelqu’un d’autre, Pillar envoie un courriel à la famille pour lui dire qui donnera la séance : elle l’apprend de vous en premier. Les questions que les parents posent le plus souvent, et celles qu’un écran peut régler, sont sur la page des questions des parents, et ce qu’un portail parents devrait régler pour vous les reprend une à une. Pour les devoirs, voyez les devoirs entre les séances.

Nelly Kallini · Cofondatrice

Enseignante au secondaire qui cumule des années de tutorat. Elle a donc vécu elle-même presque tout ce que ce logiciel prend en charge : la demande de report à 8 h du matin, le rapport de progrès à remettre ce soir, le parent qui demande si ça donne des résultats. Elle signe le volet opérations du blogue.

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